L’énergie sexuelle de l’autre reste-t-elle vraiment en nous pendant sept ans ?

echange sensual energy
Lors d’une discussion dans notre groupe consacré aux relations non exclusives, nous avons abordé une croyance que l’on retrouve régulièrement dans certains milieux spirituels : l’idée selon laquelle l’énergie sexuelle d’une personne pourrait rester en nous pendant plusieurs mois, voire plusieurs années, après une relation intime.
Certaines personnes parlent de trois mois, d’autres de sept mois ou de sept ans. Selon les versions, cette empreinte concernerait uniquement les femmes ou, au contraire, toutes les personnes impliquées. Cette discussion m’a donné envie d’aller plus loin, non pas pour nier les expériences de celles et ceux qui ressentent une empreinte durable après une rencontre, mais pour questionner la manière dont cette croyance est parfois présentée. Car derrière l’idée d’un échange énergétique, qui peut faire sens pour beaucoup de personnes, il peut aussi se glisser une manière de regarder la sexualité à travers la peur, la prudence ou la moralisation. J’ai donc envie d’amener ici quelques nuances et d’ouvrir une réflexion : que se passe-t-il réellement dans une rencontre intime ? Quelles traces peut-elle laisser ? Et à partir de quand une expérience personnelle devient-elle une règle imposée aux autres ?

La plupart du temps, j’ai entendu cette idée exprimée comme une mise en garde : « Attention à la personne avec qui tu fais l’amour, car son énergie pourrait rester en toi. » Derrière cette manière de présenter les choses, je perçois parfois une forme de culpabilisation et de contrôle de la sexualité. Je reconnais dans certains de ces discours spirituels un mécanisme que l’on retrouve également dans certaines institutions et interprétations religieuses : la sexualité peut être entourée de honte, de peur et de règles qui définissent ce qui serait pur, acceptable ou moral.

Il faudrait être en couple, être marié·e, ne pas avoir trop de partenaires. Une femme ayant un enfant en dehors du mariage a notamment longtemps été jugée beaucoup plus sévèrement qu’un homme. Le vocabulaire spirituel peut être différent. On ne parle plus nécessairement de péché, mais d’énergie négative, de vibration basse, de contamination ou d’empreinte énergétique. Pourtant, l’effet peut parfois être semblable : certaines manières de vivre sa sexualité sont présentées comme dangereuses ou dégradantes.

Que cette intention soit consciente ou non, ce type de discours peut produire de la peur, de la culpabilité et une forme de contrôle sur l’intimité des personnes. Je ne sais pas exactement d’où vient l’affirmation selon laquelle une énergie resterait précisément pendant sept ans. Pour moi, cette durée relève d’une croyance spirituelle. Elle ne devrait pas être présentée comme une vérité universelle ni utilisée pour décider à la place des autres de ce qui est bon pour leur intimité. Cela ne signifie pas pour autant qu’il ne se passe rien lorsque nous rencontrons quelqu’un.

echange sensual energy

Toute rencontre peut créer un échange

Celui-ci peut être physique, émotionnel, mental, relationnel, spirituel ou énergétique, selon notre sensibilité et notre manière de comprendre ce que nous vivons. Nous échangeons des paroles, des regards, des gestes, des émotions, de la chaleur, du toucher, des odeurs et parfois des fluides. Nous pouvons connecter nos cœurs, nous ouvrir à quelqu’un, nous attacher ou nous laisser profondément toucher par l’expérience.

Cet échange peut avoir un impact sur chacune des personnes impliquées. Il peut être agréable ou désagréable, nourrissant ou déstabilisant, profond ou presque imperceptible. Certaines rencontres laissent une trace durable, parfois jusqu’à devenir traumatiques. D’autres passent rapidement, comme une marque tracée dans le sable ou dans l’eau, qui disparaît presque aussitôt. Entre ces deux extrêmes, il existe une multitude de manières d’être touché·e par une relation.

Cela est vrai bien au-delà de la sexualité. Une conversation, un regard, un conflit, un toucher ou une séparation peuvent nous transformer. Certaines personnes restent présentes dans notre mémoire pendant des années, même si nous ne les avons rencontrées que brièvement. D’autres relations intimes ne laissent presque aucune trace consciente.

Lorsque nous faisons l’amour, cette ouverture peut être encore plus profonde. Il peut se créer un sentiment d’unité, de fusion, d’abandon ou de rencontre très intense. Je ne cherche donc pas à nier l’expérience des personnes qui sentent durablement la présence ou l’empreinte d’un·e partenaire. Cette expérience peut être réelle et importante pour elles. Ce que je questionne, c’est le passage d’une expérience personnelle à une règle générale, particulièrement lorsque cette règle est accompagnée d’une durée précise et utilisée pour susciter la peur.

La question n’est donc peut-être pas uniquement : « Est-ce que l’énergie de l’autre reste en moi ? » Les questions qui me semblent plus importantes sont plutôt : qu’est-ce que cette rencontre produit en moi ? Est-ce que je me sens libre et aligné·e dans ce que je vis ? Est-ce que cette relation est juste pour moi ? Quelle est ma capacité à rester en lien avec moi-même pendant la rencontre et à revenir à moi après l’expérience ? Et peut-être que si nous avons peur d’être « contaminé·es » ou fortement imprégné·es par l’énergie de l’autre, cette peur mérite elle aussi d’être écoutée. Elle peut indiquer que nous ne nous sentons pas suffisamment en confiance avec cette personne, que la relation n’est pas juste pour nous ou que ce n’est simplement pas le bon moment. Elle peut aussi parler de notre propre histoire, de notre éducation, de nos expériences précédentes, de notre peur de l’attachement ou des croyances que nous avons reçues autour de la sexualité.

Cette peur peut donc nous donner une information importante sur ce que nous vivons, sans être nécessairement une vérité sur l’autre. Elle ne signifie pas automatiquement que l’autre est une mauvaise personne ou que son énergie est dangereuse. Dans certains cas, la réponse n’est peut-être pas de chercher à nous protéger ou à nous nettoyer après coup, mais simplement de choisir de ne pas partager cette intimité. Dans d’autres cas, cette peur peut être une invitation à regarder avec douceur ce qu’elle vient toucher en nous.

echange sensual energy

Nous ne sommes pas toustes touché·es de la même manière, et notre sensibilité peut varier selon les moments, les rencontres et notre état intérieur. Certaines expériences nous traversent rapidement. D’autres continuent de vivre en nous longtemps. Une relation peut laisser une trace émotionnelle, corporelle, mentale, relationnelle, symbolique ou énergétique.

Cela ne signifie pas nécessairement que l’énergie de l’autre est restée prisonnière de notre corps. Cela signifie peut-être simplement que quelque chose d’important s’est vécu et continue de résonner en nous. Faire l’amour avec quelqu’un peut créer de l’attachement. Cela peut réveiller des émotions, des souvenirs, des peurs ou des blessures. Cela peut aussi apporter de la joie, de la vitalité, de la douceur, de la confiance, du plaisir et un profond sentiment de connexion.

Il est donc important de nous demander comment nous prenons soin de nous avant, pendant et après une rencontre. Avons-nous besoin de temps seul·e ? D’un échange avec l’autre ? D’un moment pour respirer, marcher, dormir ou simplement sentir ce qui est présent dans notre corps ? Avons-nous besoin de clarifier ce que cette relation représente pour nous ?

Pour moi, revenir à soi ne signifie pas nier ce qui a été partagé ni chercher à effacer l’autre. Cela signifie retrouver son propre axe, son identité, son autonomie et sa capacité à choisir. Oui, les rencontres intimes peuvent créer des échanges profonds et laisser des traces. Mais je ne crois pas qu’il soit nécessaire d’en faire une menace, une règle morale ou une vérité identique pour tout le monde.

Nous pouvons reconnaître la profondeur de ces échanges tout en refusant la peur et la culpabilisation. Nous pouvons apprendre à mieux nous connaître, à écouter notre corps, à choisir consciemment les personnes avec lesquelles nous partageons notre intimité et à prendre soin de nous lorsque nous nous ouvrons à quelqu’un. La sexualité peut nous toucher et nous transformer. Elle demande de la conscience, du consentement et de la responsabilité. Mais elle ne devrait pas devenir un nouvel espace de honte, de culpabilité ou de contrôle.

Rejoignez notre Love community

- Recevez notre newsletter et rejoignez si vous le souhaitez notre communauté Whatsapp

- Recevez nos invitations pour des événements exclusifs pour nos membres.

- Recevez en cadeau de bienvenue : 3 conseils pour faire un massage intime.

*En cliquant sur ce bouton, j'accepte les conditions d'utilisations de la voie du plaisir et j'autorise à recevoir des mails d'informations.